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La nef

La nef est le lieu où se regroupent les fidèles pour assister à la messe ou à d'autres offices. Ce terme de nef n'est pas sans évoquer, volontairement, la nef d'un bateau qui est aussi une image de l'Eglise, communauté des fidèles croyants en Dieu et également édifice de pierre où elle se rassemble sur cette terre : "Seigneur, commandez immédiatement à cette mer de se calmer; que cette nef de l'Église ne soit pas toujours au milieu de la tempête, sauvez-nous, Seigneur, car nous périssons." (Thérèse d'Avila, Chemin de la perfection)

La nef

La nef, vue du choeur - © TekoaPhotos

"Si l’abside, située derrière le maître-autel, signifie le douloureux diadème qui ceignit le chef vivant du Christ, l’autel même est sa tête, comme les bras étendus du transept sont ses bras, comme les portes ouvertes au bout des deux allées de ce transept sont les plaies de ses mains, comme les portes du grand porche d’entrée sont les blessures de ses pieds percés de clous."
J-K Huysmans, La cathédrale

Histoire

Construite au cours du XVᵉ siècle, la nef est surmontée d'un voûte quadripartite sur ogives et d'une charpente en bois. L'élévation est composée de deux niveaux : grandes arcades (arcs brisés sur piles multiformes) et fenêtres hautes (vitraux translucides du XIXᵉ siècle).

À voir

les clefs des ogives
L'une des clef de voûte - © Tekoaphotos

Les clefs des ogives accueillent des représentations de différents saints. Du fond de l'église vers le transept : saint Jacques le majeur, saint Germain d'Auxerre, saint Vincent et saint Denis.

le banc d’œuvre
Le banc d'oeuvre - © Tekoaphotos

Ce banc monumental en bois (à gauche dans la nef) aurait été sculpté, au moins pour sa partie haute, entre 1682 et 1686 d'après des dessins de Charles le Brun (1619-1690), peintre du roi et offert par le maréchal de Créquy. Les marguilliers Le banc d'oeuvre, détail - © Tekoaphotos(laïcs chargés de la gestion du temporel de la paroisse alors que le curé était chargé du spirituel, des âmes) s'y plaçaient pour écouter les sermons prononcés depuis la chaire qui se trouve en face.
Le banc d'oeuvre, détail - © Tekoaphotos

Aujourd'hui le rôle pastoral et financier du curé est conseillé et soutenu par des paroissiens laïcs choisis pour constituer le conseil pastoral et le conseil économique.

La chaire à prêcher
La chaire à prêcher - © Tekoaphotos Crucifix, face à la chaire - © Tekoaphotos

La chaire, sculptée en bois dans la première moitié du XVIIᵉ siècle, est attribuée à François Mercier. La partie haute, ou abat-son, était à l'origine en forme de couronne royale, détruite à la Révolution. Elle a été refaite au XIXᵉ siècle.

En face se trouve un grand crucifix attribué à Edme Bouchardon (1698-1762) provenant de Saint-Sulpice. La chaire servait au prédicateur, prêtre ou diacre, pour y prononcer le prône, c'est-à-dire le sermon (commentaire de l'Evangile, dit aussi homélie) et les annonces (mariages, fêtes, mais aussi décret politiques, etc.). Elle a pu servir encore au XXᵉ siècle, mais avec l'arrivée de la sonorisation électro-acoustique dans l'église, ce meuble qui facilitait la portée de la voix est tombé en désuétude.