Accueil Les sacrements : le baptême

Baptême - © Quitterie de Castelbajac Le baptême, l’eucharistie et la confirmation constituent les trois sacrements de l’initiation chrétienne : respectivement, initiation au Père, au Fils et au Saint Esprit. Le baptême donne accès à tous les autres sacrements. Il n’est pas "fabriqué" par l’Église mais correspond à la vocation divine de l’homme, voulue par Dieu. Il est préfiguré dans l’Ancienne Alliance (l’Ancien Testament) par l’Arche de Noé, le passage de la mer Rouge par les hébreux. Il est accompli par le Christ lui-même dans le Jourdain et célébré depuis les origines de l’Église. Par ce sacrement la vie du Christ marque l'âme en ses profondeurs les plus insondables et l'oriente vers l'Amour, lui donnant de goûter la tendresse de Jésus qui a dit : "Laissez venir à moi les petits enfants".

Le baptême efface le péché originel, libère des péchés personnels, incorpore au Christ (corps mystique), confère l’identité de chrétien et d’enfant de Dieu. Il inaugure pour le baptisé une vie nouvelle selon l’évangile. L’appartenance au Christ qu’il procure est indélébile, c’est pourquoi le baptême ne peut être renouvelé ni effacé.

Les effets du baptême
a. Il efface le péché originel

C’est le rejet de la relation filiale avec Dieu et le refus d’assumer leur condition de créature dépendante du Créateur (cf. Livre de la Genèse 3,1-19) qui ont conduit Adam et Eve – nos premiers parents – à transmettre à toute leur descendance une nature humaine "gauchie", déchue, c’est-à-dire privée de la sainteté originelle. Mais, par le baptême, le Christ retourne la créature impliquée dans ce péché des origines vers le Père afin de restaurer la relation filiale.

La rébellion originelle laisse place à une libre réponse confiante et amoureuse de l’homme vis-à-vis de Dieu.

b. Il libère des péchés personnels

Par la grâce rédemptrice de la Passion du Christ le baptisé est libéré de ses péchés personnels (sauf pour le bébé qui n’a pu encore en commettre) sans avoir recours au sacrement de réconciliation (encore appelé sacrement de pénitence ou confession).

Le rite de l’aspersion ou de l’immersion ("baptême" vient d’un mot grec qui signifie "plonger") dans l’eau, plonge le baptisé dans la mort et la résurrection du Christ, et le fait passer des ténèbres du péché à la lumière. Le baptisé resurgit avec le Christ des enfers du péché originel et des péchés personnels, définitivement engloutis. C'est une créature nouvelle : "Si quelqu’un est dans le Christ il est une créature nouvelle" (saint Paul, 2ᵉ épître aux Corinthiens 5,17-18).

Cet arrachement au mal s’accompagne, pour le baptisé adulte ou pour les parents du bébé, d’une renonciation à Satan instigateur du mal tandis que le célébrant (prêtre ou diacre) prononce des exorcismes. En effet l’adhésion au salut gratuit offert à tout homme par le Père, en son Fils Jésus, doit être effective pour le baptisé. Le baptême n’est pas magique, il requiert un acte de foi total en Dieu.

c. Il fait du baptisé un enfant de Dieu

Comme le dit saint Paul : "C’est ainsi qu’il nous a élus en lui dès avant la fondation du monde pour être saints et immaculés en sa présence, dans l’amour, déterminant d’avance que nous serions pour lui des fils adoptifs par Jésus Christ" (lettre aux Ephésiens 1,4-5).

Le baptisé se trouve inclus personnellement dans ce dessein bienveillant du Père de se constituer une famille humaine par adoption, afin de lui communiquer sa vie divine. Tiré du néant et appelé une première fois à l’existence par une naissance naturelle ("les hommes ne meurent qu'une fois, après quoi il y a un jugement", lettre aux Hébreux 9,27) le baptisé, par la grâce baptismale, est comme appelé par Dieu à une seconde et dernière naissance, cette naissance d’en-haut dont parle Jésus au pharisien Nicodème : "en vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu" (Jean 3,3-5). Haut

La vie baptismale

Par le baptême, une histoire sainte débute pour le baptisé.

a. Une vie de foi

La profession de foi des parents du bébé ou de l’adulte baptisé est incluse dans le rite baptismal : foi en un Dieu unique et trinitaire – Père, Fils et Saint Esprit – totalement impliqué dans le baptême grâce à la parole prononcée par le prêtre ou le diacre : "Je te baptise au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit". La foi, comme l’espérance et l’amour de Dieu et du prochain sont des germes déposés dans l’âme du baptisé qui sont appelés à une croissance.

b. Une vie de disciple du Christ

Le baptisé est incorporé au Christ pour devenir un seul être avec lui (au sens d’une union intime, sans confusion ni fusion…) : il est "revêtu du Christ" ce qui est signifié par le vêtement blanc qu’il porte après le rite baptismal.

Il est aussi oint par l’huile du saint Chrême et participe ainsi à l’onction du messie "prêtre, prohète et roi" en vue de sa propre sanctificat mais aussi de l’œuvre de salut de toute l’humanité.

Illuminé par le Christ ("Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie", Jean 8,12) le baptisé devient "le sel de la terre" et, participant à la vie du Seigneur, "lumière du monde" : c’est ce que symbolise le cierge allumé.

Imprégné du Saint Esprit par l’onction d’huile, le baptisé aura à combattre toute sa vie durant la concupiscence, ou inclination au péché, afin de mourir totalement au "vieil homme".

S’il succombe de nouveau à la tentation il pourra toujours être relevé grâce au sacrement de réconciliation, en goûtant ainsi à la miséricorde inépuisable de Dieu.

Le catéchisme de l’Église catholique nous dit ceci : "la vie nouvelle reçue dans l'initiation chrétienne n'a pas supprimé la fragilité et la faiblesse de la nature humaine, ni l'inclination au péché que la tradition appelle la concupiscence, qui demeure dans les baptisés pour qu'ils fassent leurs preuves dans le combat de la vie chrétienne, aidés par la grâce du Christ" (Cec, article 1426). C’est le combat de la conversion pour aimer comme Dieu aime.

c. Une vie en Église, peuple de Dieu et corps du Christ

Le baptême incorpore à l'Église. Il ouvre l’accès à la Confirmation, à l’eucharistie et aux autres sacrements. Il s’origine dès la Pentecôte dans la toute jeune Église, répondant à l’appel du Seigneur : "Allez, de toutes les nations faites des disciples. Baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit" (Matthieu 28,19).

Repas paroissial à Saint-Germain l'Auxerrois

L’appel au baptême retentit également dans les Actes des apôtres : "Convertissez-vous et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus pour obtenir le pardon des péchés. Vous recevrez alors le don du Saint Esprit" (Actes 2,38).

Cette incorporation transcende toutes les particularités de race, de culture ou condition sociale : "Par le baptême Dieu nous donne une mère, l’Église" avec laquelle nous grandissons spirituellement pour marcher dans la voie de la sainteté" (Jean Paul II, JMJ 1997) Haut

Baptême et salut

Le baptême reste le moyen privilégié du salut à condition que le baptisé déploie cette grâce reçue et réponde dans sa vie à cet amour divin gratuit par la fidélité à la prière, aux sacrements et à l’évangile. C’est en ce sens que les parents du bébé, ou à défaut le parrain ou la marraine, posent un engagement de tout faire pour que cette fidélité grandisse au moyen du catéchisme, de la prière et de la participation à la messe.

Mais ceux qui n’ont pas reçu le baptême par ignorance, négligence, peuvent-ils être sauvés ? Dieu veut que "tout les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité" (1ère lettre à Timothée 2,4-5). Le salut est offert à tous sans exception et sera proposé à chaque homme baptisé ou non baptisé lors du face à face avec Dieu (le jugement particulier) après sa mort.

Même si le sacrement du baptême est nécessaire au salut, Dieu est plus grand, dans son infinie miséricorde, que le moyen qu’il nous donne pour nous sauver.

Le baptême manifeste, enfin, que l’homme laissé à ses propres forces ne peut se sauver par lui-même : seul le Christ sauve, car sont exclusivement rédemptrices sa Passion, sa mort sur la Croix et sa résurrection. Haut

Le baptême des petits enfants

Rogier van der Weyden - Les sacrements, détailIl répond à l’appel de Jésus : "Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas" (Marc 10,16-17). Il signifie aussi que l’enfant des parents est d’abord l’enfant du Père.

D’autre part la vie divine conférée par la grâce baptismale ne recouvre pas la vie naturelle : elle peut germer et croître dans l’âme du tout-petit, indépendamment de la maturité de ses capacités naturelles.

Enfin, le baptême ne retire pas la liberté au tout-petit puisque Jésus, qui est la Vérité, a dit : "La Vérité vous rendra libre" (Jean 8,32).

Au début, porté par la foi des adultes, puis plongé dans une vie chrétienne, il sera libre, plus tard, en disposant de tous les éléments nécessaires à un un discernement responsable de choisir un autre chemin.

Aux parents chrétiens revient donc une grande responsabilité : "L'Église et les parents priveraient dès lors l'enfant de la grâce inestimable de devenir enfant de Dieu s'ils ne lui conféraient le baptême peu après la naissance" (Cec 1250).

Que des tout-petits puissent recevoir le baptême manifeste la pure gratuité du don de ce sacrement. Le statut matrimonial des parents (mariés, divorcés, en concubinage, etc.) n’est pas un obstacle au baptême des tout-petits. Haut

Le baptême des adultes

Le baptême de Clovis par saint RémyIl exige du candidat la volonté de ne pas persévérer dans des voies mauvaises, afin de s’incorporer au Christ. Il peut être reçu à n'importe quel âge.

Le temps de préparation se déroule en plusieurs étapes. Cette préparation, plus ou moins longue (de quelques mois à dix-huit mois en général) s’appelle le catéchuménat et la célébration du baptême des adultes se fait normalement durant la veillée pascale. Haut

Conclusion

Le baptême, qu’il soit celui des enfants ou des adultes, passe infiniment tous les désirs humains si légitimes soient-ils : il ne s’agit pas de faire plaisir à la famille, de réaliser une belle fête familiale ou une cérémonie mémorable qui restera dans les albums-photos, ou encore d’obtenir un passeport pour l’au-delà, ni même de se purifier en vue d’un bien-être plus grand… Non ! Il s’agit d’être "une vivante offrande à la louange de sa gloire" en devenant un être pleinement humain, uni au Christ (vrai homme et vrai Dieu) et, enfin, d’entrer pour l’éternité dans la vision béatifique. Haut

MJH

Références
  • • Catéchisme de l'Église catholique, articles 1213 à 1284
  • • Sur le site du Vatican
  • Le baptême de votre enfant, Cardinal Jean Marie Lustiger, Fleurus, 1997
  • • Fascicule Le baptême de notre enfant, "Fêtes et saisons", éd. du Cerf