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Lettre de Léon le Grand (459)

Je décide qu’on doit absolument faire disparaître cette audace contraire à la règle apostolique, que certains, je l’ai récemment appris, commettent par une usurpation illicite. Pour la pénitence que demandent les fidèles, qu’on ne lise pas publiquement la liste détaillée de tous leurs péchés, puisqu’il suffit d’indiquer aux évêques seuls par une confession secrète l’état des consciences. Sans doute paraît-elle louable, cette plénitude de foi, qui, en raison de la crainte de Dieu, n’a pas peur de rougir devant les hommes. Cependant, parce que les péchés de tous ceux qui demandent la pénitence ne sont pas tels qu’ils ne craignent de les voir publiés, on supprimera une coutume si peu louable [..] Enfin, plusieurs pourront alors être amenés à la pénitence si la conscience de celui qui confesse son péché n’est pas rendue publique aux oreilles du peuple. (FC 796)

Jean-Paul II : l'aveu va bien au-delà d'un"besoin de se dire"

L’absolution exige, surtout quand il s’agit de péchés mortels, que le prêtre puisse comprendre et évaluer clairement la qualité et le nombre des péchés et juger en même temps s’il existe un repentir sincère. Pourquoi la requête d’un acte semblable ? On pourrait répondre en invoquant des raisons d’ordre psychologique et anthropologique qui montreraient déjà – au-delà de toute analyse superficielle un"besoin" de la part du pécheur de"se dire" : de"se dire" à quelqu’un qui écoute avec attention et confiance pour que le pécheur lui-même puisse s’expliquer et, d’une certaine manière, de se sentir soulagé et libéré du poids de ses propres fautes.

Mais la perspective humaine ne touche pas à 1a racine de la conversion et surtout n’accorde pas une vie nouvelle comme la donne le sacrement. Voilà que l’aveu des péchés acquiert sa signification la plus vraie, sa plus authentique valeur, dans le sacrement de pénitence où l’homme est appelé à se découvrir pleinement comme homme qui a trahi Dieu et qui a besoin de miséricorde.

Il importe d’affirmer très résolument que l’aveu des péchés n’est pas seulement un moment de prétendue auto-libération psychologique ou de nécessité humaine de se révéler dans son propre état de péché. L’aveu des péchés est principalement un geste qui, de quelque manière, appartient au contexte liturgique et sacramentel de la pénitence et prend part à ses caractéristiques, à sa dignité, à son efficacité. (Audience générale du 21/03:1984)

Rapport entre le corps et l'aveu

La déréliction sur la croix, la totale séparation du Père font essentiellement partie du mystère de la «confession" du péché universel dont il s’est chargé. Son corps ressuscité est le fruit de son corps crucifié mis au tombeau, de même que son corps terrestre était le fruit du dessein de l’incarnation. Le corps nouveau, dont le Père lui a fait don, est le corps de son retour au Père.

Par rapport à la confession, on peut dire : son corps terrestre était le corps de l’aveu, celui qui devait porter le péché de tout individu, mais aussi le péché en soi. Le corps ressuscité, par contre, est le corps de l’absolution qui n’a plus à porter le péché, parce qu’il a déjà été porté et qu’à la croix tout a été expié.

Le premier corps a réuni en lui l’aveu total et le second se livre comme le pardon total. Il regarde le péché en face, il ne l’a plus sur le dos, comme le corps qui en portait le fardeau. (Adrienne von Speyr, La confession, p.45)

La pécheresse pardonnée(Luc 7,36-50)

Un Pharisien l'invita à manger avec lui ; il entra dans la maison du Pharisien et se mit à table. Et voici une femme, qui dans la ville était une pécheresse. Ayant appris qu'il était à table dans la maison du Pharisien, elle avait apporté un vase de parfum. Et se plaçant par derrière, à ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à lui arroser les pieds de ses larmes ; et elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers, les oignait de parfum.

A cette vue, le Pharisien qui l'avait convié se dit en lui-même :"Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu'elle est : une pécheresse !"

Mais, prenant la parole, Jésus lui dit :"Simon, j'ai quelque chose à te dire" – "Parle, maître", répond-il. – "Un créancier avait deux débiteurs ; l'un devait cinq cent deniers, l'autre cinquante. Comme ils n'avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce à tous deux. Lequel des deux l'en aimera le plus ?" Simon répondit : "Celui-là, je pense, auquel il a fait grâce de plus." Il lui dit : "Tu as bien jugé."

Et, se tournant vers la femme : "Tu vois cette femme ? dit-il à Simon. Je suis entré dans ta maison, et tu ne m'as pas versé d'eau sur les pieds ; elle, au contraire, m'a arrosé les pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m'as pas donné de baiser ; elle, au contraire, depuis que je suis entré, n'a cessé de me couvrir les pieds de baisers. Tu n'as pas répandu d'huile sur ma tête ; elle, au contraire, a répandu du parfum sur mes pieds. A cause de cela, je te le dis, ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont remis parce qu'elle a montré beaucoup d'amour. Mais celui à qui on remet peu montre peu d'amour."

Puis il dit à la femme : "Tes péchés sont remis." Et ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes : "Qui est-il celui-là qui va jusqu'à remettre les péchés ?" Mais il dit à la femme : "Ta foi t'a sauvée ; va en paix."

La conversion de Zachée (Luc 19,1-10)

Entré dans Jéricho, il traversait la ville. Et voici un homme appelé du nom de Zachée ; c'était un chef de publicains, et qui était riche. Et il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait à cause de la foule, car il était petit de taille. Il courut donc en avant et monta sur un sycomore pour voir Jésus, qui devait passer par là. Arrivé en cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : "Zachée, descends vite, car il me faut aujourd'hui demeurer chez toi." Et vite il descendit et le reçut avec joie. 7 Ce que voyant, tous murmuraient et disaient : "Il est allé loger chez un homme pécheur !"

Mais Zachée, debout, dit au Seigneur : "Voici, Seigneur, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai extorqué quelque chose à quelqu'un, je lui rends le quadruple."

Et Jésus lui dit : "Aujourd'hui le salut est arrivé pour cette maison, parce que lui aussi est un fils d'Abraham. Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu."

La femme adultère (Jean 8,2-11)

Les scribes et les Pharisiens amènent une femme surprise en adultère et, la plaçant au milieu, ils disent à Jésus : "Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. Or dans la Loi Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Toi donc, que dis-tu ?"

Ils disaient cela pour le mettre à l'épreuve, afin d'avoir matière à l'accuser. Mais Jésus, se baissant, se mit à écrire avec son doigt sur le sol. Comme ils persistaient à l'interroger, il se redressa et leur dit : "Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre !" Et se baissant de nouveau, il écrivait sur le sol.

Mais eux, entendant cela, s'en allèrent un à un, à commencer par les plus vieux ; et il fut laissé seul, avec la femme toujours là au milieu. Alors, se redressant, Jésus lui dit : "Femme, où sont-ils ? Personne ne t'a condamnée ?" Elle dit : "Personne, Seigneur." Alors Jésus dit : "Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus."

La parabole des deux fils (Luc 15,11-32)

Il dit encore : "Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : "Père, donne-moi la part de fortune qui me revient". Et le père leur partagea son bien. Peu de jours après, rassemblant tout son avoir, le plus jeune fils partit pour un pays lointain et y dissipa son bien en vivant dans l'inconduite.

Quand il eut tout dépensé, une famine sévère survint en cette contrée et il commença à sentir la privation. Il alla se mettre au service d'un des habitants de cette contrée, qui l'envoya dans ses champs garder les cochons. Il aurait bien voulu se remplir le ventre des caroubes que mangeaient les cochons, et personne ne lui en donnait. Rentrant alors en lui-même, il se dit : "Combien de mercenaires de mon père ont du pain en surabondance, et moi je suis ici à périr de faim ! Je veux partir, aller vers mon père et lui dire : Père, j'ai péché contre le Ciel et envers toi ; je ne mérite plus d'être appelé ton fils, traite-moi comme l'un de tes mercenaires."

Il partit donc et s'en alla vers son père. Tandis qu'il était encore loin, son père l'aperçut et fut pris de pitié ; il courut se jeter à son cou et l'embrassa tendrement. Le fils alors lui dit : "Père, j'ai péché contre le Ciel et envers toi, je ne mérite plus d'être appelé ton fils." Mais le père dit à ses serviteurs : "Vite, apportez la plus belle robe et l'en revêtez, mettez-lui un anneau au doigt et des chaussures aux pieds. Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé !" Et ils se mirent à festoyer.

Son fils aîné était aux champs. Quand, à son retour, il fut près de la maison, il entendit de la musique et des danses. Appelant un des serviteurs, il s'enquérait de ce que cela pouvait bien être. Celui-ci lui dit : "C'est ton frère qui est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu'il l'a recouvré en bonne santé." Il se mit alors en colère, et il refusait d'entrer.

Son père sortit l'en prier. Mais il répondit à son père : "Voilà tant d'années que je te sers, sans avoir jamais transgressé un seul de tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau, à moi, pour festoyer avec mes amis ; et puis ton fils que voici revient-il, après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu fais tuer pour lui le veau gras !"

Mais le père lui dit : "Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Mais il fallait bien festoyer et se réjouir, puisque ton frère que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé !"