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La mise à part des Lévites (Nombres 1-48-53, BJ)

Yahvé parla à Moïse et dit : "N'enregistre pas cependant la tribu de Lévi, et ne la recense pas au milieu des Israélites. Mais inscris toi-même les Lévites pour le service de la Demeure du Témoignage, de tout son mobilier et de tout ce qui lui appartient. Ce sont eux qui porteront la Demeure et tout son mobilier, ils en auront le ministère et camperont alentour. Lorsque la Demeure se déplacera, les Lévites la démonteront ; lorsque la Demeure fera halte, les Lévites la dresseront. Tout profane qui s'en approchera sera mis à mort. Les Israélites camperont chacun dans son camp, chacun près de son étendard, selon leurs unités. Mais les Lévites camperont autour de la Demeure du Témoignage.

Le célibat des prêtres dans l'Eglise latine (Cec 1579)

Tous les ministres ordonnés de l'Eglise latine, à l'exception des diacres permanents, sont normalement choisis parmi les hommes croyants qui vivent en célibataires et qui ont la volonté de garder le célibat "en vue du Royaume des cieux" (Mt 19,12). Appelés à se consacrer sans partage au Seigneur et à "ses affaires" (cf. 1Co 7,32), ils se donnent tout entier à Dieu et aux hommes. Le célibat est un signe de cette vie nouvelle au service de laquelle le ministre de l'Eglise est consacré ; accepté d'un coeur joyeux, il annonce de façon rayonnante le Règne de Dieu (cf. PO 16).

Le célibat des prêtres dans l'Eglise latine (Cec 1579)

Dans les Eglises Orientales, depuis des siècles, une discipline différente est en vigueur : alors que les évêques sont choisis uniquement parmi les célibataires, des hommes mariés peuvent être ordonnés diacres et prêtres. Cette pratique est depuis longtemps considérée comme légitime ; ces prêtres exercent un ministère fructueux au sein de leurs communautés (cf. PO 16). D'ailleurs, le célibat des prêtres est très en honneur dans les Eglises Orientales, et nombreux sont les prêtres qui l'ont choisi librement, pour le Royaume de Dieu. En Orient comme en Occident, celui qui a reçu le sacrement de l'Ordre ne peut plus se marier.

Le sacerdoce chrétien est "sans généalogie" (Jean Borella)

Il existe une donnée scripturaire qui nous semble déterminante en cette question, bien qu’on n’en ait peut-être jamais fait état. Il s’agit de la désignation du sacerdoce christique comme étant secundum ordinem Melchisedech (Hébreux 7,17). L’épître s’appuie sur le verset 4 du psaume 60 (qui concerne le Messie) : "Le Seigneur l’a juré et ne s’en repentira pas : Tu es prêtre à jamais selon l’ordre de Melchisedech"...

Saint Paul insiste sur le caractère sacerdotal de ce personnage mystérieux (Genèse 14,18-20) – c’est d’ailleurs à son endroit que le mot prêtre apparaît pour la première fois dans l’Ecriture – et comment pour le qualifier, il forge un néologisme : il est, dit-il, agenealogetos, "sans généalogie". L’apôtre veut montrer que le sacerdoce du Christ est supérieur à celui d’Aaron. En quoi est-ce le cas du sacerdoce melchisedecien ? – en ce qu’il est "sans généalogie". Ce qui implique en retour que le sacerdoce aaronien est défini au contraire par la généalogie : c’est un sacerdoce "avec père et mère". Mais quel rapport y-a-t-il entre le sacerdoce par excellence et l’absence de généalogie humaine ?

Le prêtre est essentiellement un médiateur entre Dieu et les hommes, pontifex, celui qui "fait le pont" entre le Ciel et la terre. C’est pourquoi il est d’abord "prêtre du Très-Haut", prêtre d’El-Elyon, ce qui est en effet la désignation de Melchisedech, premier prêtre de la Bible ; et elle n’est pas sans signification quand on connaît l’importance que l’Ecriture attache aux différents Noms divins. El-Elyon, qui marque la transcendance suprême, est d’ailleurs expliqué par Melchisedech lui-même comme "créateur du Ciel et de la terre", ce qui réfère explicitement au "Dieu du macrocosme" dont nous avons parlé plus haut.

La fonction sacerdotale apparaît ainsi nettement dans sa nature essentiellement "verticale", c’est-à-dire comme émanant directement de l’au-delà divin qui communique Lui-même son investiture à son serviteur. Or, une fonction ne peut être dite "par excellence", que lorsqu’elle s’identifie à celui qui l’exerce. Le prêtre "par excellence" ne peut être que celui qui n’est rien d’autre que prêtre, celui dont toute la nature est absorbée par la fonction et indiscernable d’elle. A cet égard Melchisedech ne saurait être tel ; il représente seulement "la vraie figure du Fils de Dieu" (He 7,3). C’est en effet la qualité de Fils de Dieu qui seule réalise l’identité de la nature et de la fonction sacerdotale, puisque celui dont l’essence est la filiation est par nature une pure émanation de l’Etre divin, de même que la fonction sacerdotale, dans son essence, est une investiture directe du Très-Haut, raison pour laquelle saint Paul proclame l’investiture "selon l’ordre de Melchisedech" en invoquant le verset 7 du psaume II : "Tu es mon fils, aujourd’hui je t’ai engendré" (He 5,5). Il faut s’élever jusque là si l’on veut prendre une vue un peu exacte du sacerdoce catholique.

Ce qui est conféré à l’ordinand, c’est le Christ-Sacerdoce lui-même, c’est-à-dire une fonction essentiellement transcendante et verticale, toujours "surhumaine" ; nous voulons dire : non seulement qui dépasse les capacités naturelles de l’homme, mais surtout dont l’existence ne saurait être attachée à une qualification humaine déterminée.

Conformément à la conception sacrificielle que nous avons exposée précédemment, nous disons que la nature humaine est ici revêtue de la fonction dont elle n’est que le support terrestre, et qu’elle n’a, pour ainsi dire, d’autre place à tenir que celle de son propre effacement. Il en résulte qu’il ne saurait y avoir dans le christianisme de caste sacerdotale. Telle est la proposition que nous désirions mettre en lumière. Dès lors, en effet, que cette fonction se transmet par la génération – ce qui est le cas de la plupart des religions du monde et du sacerdoce aaronien en particulier – dès lors qu’elle est "généalogique", il faut bien qu’elle soit attachée à des qualités naturelles héréditaires. Il s'agit alors d’une transmission "horizontale", qui exige "père et mère", ce qui n’exclut pas, à l’origine, l’investiture divine (Aaron est choisi par Dieu), mais la rend solidaire d’une certaine forme humaine.

Dans un tel cas, si l’homme seul est prêtre, c’est en vertu directement de caractères sexuels positifs. Au contraire, dans le cas du sacerdoce catholique, ce qui habilite l’homme à le recevoir, c’est une certaine neutralité sexuelle à l’égard de la génération et de l’enfantement : la femme est, en effet, plus mère que l’homme n’est père, elle est plus intimement liée à la fécondité générative ; elle incarne, par excellence, la fonction généalogique, c’est-à-dire la permanence d’une continuité naturelle. Et c’est pourquoi la femme-mère est exclue de la participation directe à un sacerdoce qui relève d’une discontinuité surnaturelle.
Source : article de Jean Borella sur "De la femme et du sacerdoce", § 7